Harcèlement de rue : « Mon cul, c’est pas du poulet » chante Sonia Huguet

Le harcèlement de rue n’a jamais cessé avec le confinement. Moins de personnes à agresser, moins de témoins. Le déconfinement et la période estivale rendent le phénomène plus accru cette année. Les réseaux sociaux sont remplis de témoignages. En réponse, l’artiste et musicienne bretonne Sonia Huguet a posté en ce mois d’août 2020 une chanson originale sur son compte Instagram. Elle s’adresse aux harceleurs.

Vidéo postée par Sonia Huguet sur son compte Instagram.

« Une chanson réplique pour les personnes qui subissent le harcèlement de rue, la misogynie, le sexisme, les insultes ou mauvais regards, qui se demandent comment s’habiller pour espérer être tranquille en sortant. Bref. Si on vous em—chantez leur « Mon cul c’est pas du poulet », écrit Sonia Huguet sous son post Instagram. En une semaine, sa vidéo a recueilli plus de 5 000 vues et une centaine de commentaires.

En novembre 2018, une étude de l’Ifop dévoilait que 86% des femmes françaises avaient subi au cours de leur vie au moins une forme d’atteinte ou d’agression sexuelle dans la rue. Le sentiment d’insécurité s’est renforcé ces derniers mos : il suffit d’écouter les récits de mères, sœurs, amies pour s’en rendre compte. D’ailleurs, taper « harcèlement de rue » sur Twitter donne lieu à de nombreux témoignages.

La France est pourtant le premier pays à appliquer une loi permettant de pénaliser le harcèlement de rue en cas de flagrant délit. Le montant des amendes peut s’élever de 90 euros à 3 000 euros, en cas de récidive. L’outrage sexiste a été créé par la loi Schiappa en août 2018. Selon l’AFP, plus de 1 500 verbalisations liées au harcèlement de rue ont été réalisées depuis la mise en place de la loi. Avant la France, la Belgique et le Portugal ont déjà eu recours à des lois, mais celles-ci ne permettaient pas de verbaliser en cas de flagrant délit.

Un nouveau numéro « anti-relous »  

Le 16 juillet 2020, un numéro AH (anti-harcèlement) et « anti-relous » a été créé par Daisy, une étudiante en communication de 24 ans. C’est le 07 80 99 37 34 : un numéro à donner quand un homme dans la rue demande le vôtre, et se montre trop insistant. S’il envoie un SMS à ce numéro, il recevra d’abord un message automatique : « Hey, j’espère que tu vas bien ? ».

Mélanie Domergue Sonia Huguet
Avec le numéro anti-relous, la personne pense vous envoyer un message : en réalité, elle reçoit un message de prévention sur le harcèlement de rue.

À la réponse de l’homme, c’est ensuite Daisy qui prend le relai, pour lui envoyer un message sur le consentement. Le SMS est personnalisé, mais la formulation de base reste la même : « Ok, si tu reçois ce message c’est parce que tu as été trop insistant avec une femme/fille qui ne voulait pas te donner son numéro mais qui s’est sentie obligée de le faire pour que tu la laisses tranquille. Un « non » ne signifie pas « insiste encore plus « mais « laisse-moi je ne suis pas intéressée ». J’espère que tu comprendras la prochaine fois. Bonne soirée. »

Même chose pour des appels directement passés au 07 80 99 37 34. Sandy les renvoie tous sur la messagerie vocale, où ce message les attend : « Bonjour, j’espère que tu vas bien. Alors si tu es sur ce numéro, c’est parce que tu as été trop insistant avec une femme ou une fille qui ne souhaitait pas te donner son numéro. Elle s’est sentie forcée de te donner ce numéro pour que tu la laisses tranquille. Un « non » ne signifie pas « continue, peut-être que tu auras ta chance », mais « laisse-moi, je ne suis pas intéressée ». J’espère que tu comprendras la prochaine fois. Et bien évidemment, il n’est pas nécessaire de laisser un message. Bonne soirée, bonne journée. »

Photo de couverture : Sonia HUGUET
Texte : Mélanie DOMERGUE

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