Sexisme dans l’industrie musicale : les langues se délient toujours plus

Ce vendredi 2 octobre 2020, l’artiste (Chris)tine and the Queens a utilisé son compte Instagram pour dénoncer le sexisme et le harcèlement sexuel présents dans l’industrie musicale. Un message engagé, qui s’ajoute à une longue liste d’actions et de témoignages poignants sur les réseaux sociaux.

Un ras-le-bol. « Je ne suis pas surprise d’apprendre que dans le milieu musical, comme dans tous les autres milieux, la libération de la parole engendre un bouleversement qu’il est ensuite difficile de maîtriser. Chacune, nous avons connu une forme plus ou moins ténue de harcèlement, des remarques sexistes, comme toutes nos sœurs qui marchent dans des bureaux, qui rentrent tard la nuit, qui sont de corps de métiers radicalement différents du nôtre ».

Écrits blanc sur noir, les mots de (Chris)tine and the Queens reflètent une réalité trop longtemps passée sous silence, ou pas assez entendue. Selon l’auteure-compositrice-interprète, il est temps de « desserrer la mâchoire » et que « la voix redevienne outil de libération » pour que toutes les femmes puissent « raconter leurs histoires ».

Et quant aux jeunes artistes, (Chris)tine and the Queens demande à ce qu’on leur « fasse confiance » et qu’on « les laisse se sexualiser comme elles le désirent ».

Un manifeste déjà signé par 1 000 femmes en 2019

Plus de deux ans après le mouvement #MeToo, le voile se lève du côté de l’industrie musicale. Cet été, apparaît sur Instagram le compte #MusicTooFrance. Derrière celui-ci, un collectif anonyme, assisté d’avocates, qui ont récolté jusqu’au 30 septembre 2020 des récits de victimes ou de témoins de violences sexistes et sexuelles au sein de l’industrie musicale. Le but : « commencer à dessiner des profils et rassembler des plaintes ».

Mélanie Domergue industrie musicale
. Photo par Wendy Wei sur Pexels.com

Dans la même veine, le compte « Balancetamajor », apparu en septembre 2020, se propose d’être le relai des victimes, en dénonçant les méfaits de grosses maisons de disque, via des témoignages postés sur sa page. Qui plus est, l’émergence de ces plateformes donne une résonnance toute particulière aux affaires d’agressions sexuelles concernant les rappeurs Moha La Squale (au cœur d’une enquête après plusieurs plaintes) et Roméo Elvis (qui a présenté des excuses après des accusations sur internet).

Cette libération de la parole dans l’industrie musicale se renforce, mais elle n’est pas inédite.

En avril 2019, 1 000 femmes signaient un manifeste, le F.E.M.M. (Femmes Engagées des Métiers de la Musique) pour alerter et faire changer les mentalités et les pratiques présentes dans l’industrie musicale. Par ailleurs, une étude réalisée la même année par Cura (Collectif pour la santé des artistes et des professionnels de la musique) et la Gam (Guilde des artistes de la musique) révélait que « 31 % des femmes travaillant dans le secteur musical (artistes ou professionnelles) disent avoir été victimes, au moins une fois, de harcèlement sexuel ».

Texte : Mélanie DOMERGUE

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