Outrages sexistes : plus de 2 000 infractions relevées

Ce mardi 13 octobre 2020, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, aux côtés de la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, ont présenté les chiffres mensuels de la délinquance et de l’activité policière. L’occasion pour Marlène Schiappa de faire un nouveau bilan des verbalisations pour outrage sexiste et d’afficher une volonté de les doubler.

À l’heure actuelle, la France est encore le seul pays à verbaliser le harcèlement de rue. « Plus de 2 000 infractions pour outrages sexistes ont été relevées par les forces de l’ordre [depuis la création de la loi, en 2018] », s’est félicité Marlène Schiappa.

La loi contre le harcèlement sexiste dans la rue ou les transports fait partie de la loi Schiappa sur les violences sexistes et sexuelles. Elle est entrée en vigueur début août 2018. Elle pénalise les « propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste » considérés comme « dégradants, humiliants, intimidants, hostiles ou offensants ».

Une tendance à la hausse

S’ils sont pris sur le fait, les harceleurs encourent 90 euros d’amende, voire 1 500 euros en cas de circonstances aggravantes (par exemple, lorsque la victime a moins de 15 ans).

Mélanie Domergue outrages sexistes
Pour de nombreuses femmes, devoir marcher seule la nuit représente une vraie angoisse. La grande majorité a en effet connu des outrages sexistes au moins une fois dans leur vie. Photo par Elijah O’Donnell sur Pexels.com

Un an après sa mise en place, la loi recensait déjà 700 contraventions. La tendance est donc à la hausse, comme l’a constaté aujourd’hui l’ex-ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes : « (…) 142 infractions ont été relevées en septembre 2020, contre seulement 86 l’année dernière pour la même période. »

Vers de nouvelles contraventions ?

Durant le confinement et le déconfinement, nombreuses étaient celles qui constataient la forte hausse du harcèlement de rue. D’ailleurs, le nombre de 2 000 infractions semble dérisoire si on le compare aux témoignages recensés sur les réseaux sociaux.

Marlène Schiappa en a conscience et semble vouloir agir de manière plus efficace : « Nous avons demandé à tous les préfets de doubler ce nombre de verbalisations de harcèlement de rue. (…) J’ai confié à la Direction générale de la police nationale et à la Direction générale de la gendarmerie nationale la mission de nous faire des recommandations basées sur les retours de terrain d’ici la fin de l’année. Nous adapterons les pratiques de terrain à ces observations », a-t-elle indiqué. À suivre…

Photo de couverture : DR
Texte : Mélanie DOMERGUE

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