Politique

Une pétition pour sauver le 3919

Un marché pourrait être bientôt créé pour administrer la plateforme d'écoute destinée aux femmes victimes de violences. La Fondation Nationale Solidarités Femmes redoute que la qualité de ce service soit vue à la baisse.

Ce mercredi 25 novembre 2020 est la journée internationale de mobilisation contre les violences faites aux femmes. Des rassemblements sont prévus partout en France et dans le monde. Or, l’un des outils français pour lutter contre ces violences pourrait être aujourd’hui menacé. Le Gouvernement souhaite en effet créer un marché public pour administrer le 3919. Plusieurs associations féministes, dont Solidarités Femmes, craignent de voir le numéro d’écoute tomber entre des mains incompétentes.

Le message est simple : #SauvonsLe3919. La pétition, adressée à Élisabeth Moreno, ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes, a recueilli plus de 50 000 signatures en deux semaines. La Fondation Nationale Solidarités Femmes (FNSF) en est à l’origine. « Le gouvernement veut transformer le soutien financier qu’il versait jusqu’à présent au 3919 en un marché public ouvert à la concurrence alors que les associations réclamaient une hausse de cette aide financière pour permettre de passer à un service 24h/24 », peut-on lire.

Le 3919 est géré par la Fondation Nationale Solidarités Femmes (FNSF) depuis 1992 et porté par 73 associations de terrain. La FNSF craint aujourd’hui de voir ce numéro administré par une organisation non compétente. « Un marché public réduirait la qualité du 3919 qui apporte écoute, soutien psychologique, conseils, premières informations juridiques et sociales au service des appelantes et de leurs proches », rappelle la fondation.

Aujourd’hui, « une trentaine d’écoutantes professionnelles viennent recueillir la parole d’environ 2 000 victimes chaque semaine (et même 7 000 appels hebdomadaires pendant le premier confinement) ».

3919 Mélanie Domergue
Plus de 70 associations de terrain portent le numéro d’écoute 3919.

Leur expérience leur a permis d’apporter un soutien précieux aux victimes, sur des thématiques délicates, telles que le viol, l’excision et bien sûr, les violences conjugales. Grâce au 3919, les appelantes trouvent une oreille attentive et sont reconduites vers des services qui leur viennent en aide. Ce sont cette bienveillance et cette réactivité que les associations féministes craignent de voir disparaître.

Le hashtag #Sauvonsle3919 circule également sur les réseaux sociaux. Un appel lancé par le collectif #NousToutes. De son côté, le cabinet d’Élisabeth Moreno tente de rassurer les associations en précisant que la qualité des projets présentés et la formation des écoutant.e.s seraient examinées avec attention. La volonté du ministère est de rendre la ligne téléphonique « publique » d’ici l’été 2021.    

Photo de couverture : picjumbo.com / Pexels
Photo : Numéro d’écoute 3919
Texte : Mélanie DOMERGUE

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